Tutorat

Largement développé aujourd’hui dans le domaine de la formation, du travail, de l’éducation, le tutorat était dès la Grèce Antique, utilisé par le percepteur des jeunes chargés de les former, de les instruire. Deux formes de tuteurs existent dans la formation : le tutorat de pairs, le tutorat exercé par un professionnel. Le premier repose sur la coopération entre élèves d’un même cursus de formation, souvent dans un même établissement. Il a pour vocation l’accompagnement, l’aide et le soutien que les étudiants peuvent s’apporter.

Il permet à ceux qui bénéficient de cette aide, de mieux comprendre parfois mieux apprendre par la suppression de l’appréhension de la hiérarchie existant entre élève et enseignant et permet à ceux qui assurent ce soutien de mieux comprendre en apprenant aux autres. Le second, plus récent, concerne le domaine de la formation initiale et continue. Il est en lien avec l’apprentissage, l’alternance, la validation de compétences mais aussi la découverte des métiers, des professions pour construire son choix d’orientation. Il a comme objectif l’intégration, l’insertion professionnelle et pour vocation l’apprentissage de la pratique professionnelle. Il s’agit pour Barbie, d’”une voie privilégiée de développement conjoint des systèmes de formation et des systèmes de travail”.

Ces professionnels, salariés-tuteurs, sont pour Wittorski, en pleine évolution de leurs compétences par les nouvelles missions et responsabilités qu’ils assument.  Le tutorat se confond parfois à d’autres termes comme le monitorat, le coaching, le mentorat, le parrainage. Mais quels que soient les débats autour de ce mot, le tutorat se développe dans les domaines de la formation prenant une place essentielle et indispensable à l’acquisition des connaissances, la validation des compétences, mais aussi au bien être des étudiants et donc, facilite leur réussite.

La question que nous nous posons aujourd’hui est celle des compétences que ces nouveaux tuteurs, étudiants, développent en parallèle de leur propre formation. Souvent choisis par les résultats obtenus et très souvent volontaires, les tuteurs sont parfois formés, et quelquefois suivis dans les actions qu’ils mènent auprès de leurs collègues.

Ce phénomène se développe tant que nous assistons à la constitution d’un regroupement des tuteurs, souvent au travers des associations représentantes d’étudiants parfois par une association de tuteurs qu’ils créent. Ce regroupement se “professionnalise” si l’on peut dire, d’autant que parfois certains perçoivent si ce n’est une rémunération, une compensation. Nous observons ainsi la création d’un corps de formateurs nouveaux au sein d’un établissement de formation. Ce développement montre que notre système de formation évolue et trouve des solutions pour accompagner les étudiants vers la réussite.

Références :

Jean-Marie Barbier, Tutorat et fonction tutorale : quelques entrées d’analyse. In: Recherche & Formation, N°22, 1996. La fonction tutorale dans les organisations éducatives et les entreprises. pp. 7-19.

Najoua MOHIB, Tutorat,  Dictionnaire des concepts de la professionnalisation, ed De Boeck, 2014, pp 337-340

Richard Wittorski, Évolution des compétences professionnelles des tuteurs par l’exercice du tutorat. In: Recherche & Formation, N°22, 1996. La fonction tutorale dans les organisations éducatives et les entreprises. pp. 35-46.

Auteur : F ROUVIERE,  SOIAF – 2022